Le 15 novembre prochain, une manifestation nationale est prévue à Montréal et plusieurs associations étudiantes à travers le Québec vont y participer. Comme j'ai pu le dire dans mon précédent message, je suis pour la grève de trois jours qui sera votée (au cégep du Vieux Montréal) du 6 au 9 novembre. Vous avez surement croisé des gens qui se trimballent avec des petits carrés rouges en tissu : ça signifie qu'ils sont pour la cause. Vous en avez surement croisé d'autres disant « Je ne veux pas rallonger ma session de 3 jours » ou bien « La grève c'est que du pognage de beigne, bande de hippies! », ou encore « Il faut les augmenter un moment donné les frais de scolarité! », et mon préféré « J'en ai rien à foutre des frais de scolarité, ce sont mes parents qui payent! ». C'est vraiment très constructif d'analyser les arguments des gens. J'en ai parlé avec beaucoup de monde dans mon entourage, et beaucoup ne savent même pas en quoi cette grève consiste, et les répercussions qui peuvent survenir à l'avenir au sein de l'éducation québécoise. Parmi les revendications demandées, on y retrouve :

Figure 1.0: La gratuité scolaire
Parmi cette énumération de revendications, je ne revendique pas vraiment la gratuité scolaire, car je la considère au même niveau qu'un Québec souverain : une revendication purement utopique. Je vais vous expliquer mon avis et mon raisonnement face à certaines de ses revendications.

Figure 1.1: Logo de l'AGECVM (Ça ressemble à un barbouillage, non?)
Dans 5 ans, les futurs étudiants du cégep auront à payer 500 $ de plus par session, soit environ 700 $ par session pour la même éducation qu'aujourd'hui. Ça peut sembler un montant banal pour quelqu'un qui ne paye pas ses frais de scolarité, mais c'est une augmentation notable pour un étudiant qui ne vit que de son revenu. Certains étudiants au Québec viennent des régions pour aller étudier dans la métropole. Résultat : ils doivent payer leur loyer (résidence/appartement), leur nourriture, leur électricité, leur eau, leur transport, parfois un cellulaire (quand on travail sur appel ou pour contacter nos collègues à l'école pour les travaux) et très souvent leur accès à Internet, qui est de plus en plus nécessaire pour les travaux. On revient donc à dire que sur un salaire d'étudiant qui gagne environ 2 500 $ en un été, additionné 7 000 $ à temps partiel durant l'année, son revenu estimé à environ 9 500 $ par année passe à 14 % dans les frais d'éducation. Ça, c'est sans compter les livres et toutes les autres dépenses durant une année scolaire (problèmes de santé, etc.). Les dépenses peuvent augmenter encore plus si l'étudiant n'est pas assuré.
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Figure 1.2: Pavillon des sciences de l'Université du Québec à Montréal, par Christian et Cie
En s'arrêtant au mode de vie du cégep, c'est possible de vivre de la sorte. Du moment qu'on arrive à l'université, ça devient une autre histoire. Une session à l'université, en moyenne, ça tourne dans les 1 000 $. Pour un an, on tourne dans les 2 000 $. Avec l'augmentation des frais de scolarité, une année à l'université reviendrait à environ 2 500 $, et ça, sans les livres et le matériel. Étant beaucoup plus poussées, les études à l'université nécessitent des livres beaucoup plus dispendieux. Certains programmes nécessitent aussi l'achat d'un ordinateur portable, ce qui alourdit encore plus les dépenses. En prenant compte des mêmes dépenses que ceux du précédent paragraphe pour le cégep, des livres et de l'argent qui passent dans la vie sociale, car oui, la vie sociale est nécessaire (sans aller dans l'excès), ça fait un montant relativement élevé. Je vous laisse faire le calcul...
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Figure 1.3: Vue de l'Avenue McGill College à Montréal, par Christian Gates St-Pierre
Les étudiants qui auront des problèmes d'argent remettront donc en question leur choix de faire des études supérieures, en raison de soucis financiers. L'éducation se doit d'être accessible et la connaissance se doit d'être à la main de tous. C'est en étant bien instruit qu'on a la chance de mieux gagner sa vie. La réussite scolaire d'un jeune ne doit pas tenir du niveau économique de ses parents, ni de leurs choix. Certains parents n'ont pas la possibilité de payer la scolarité de leur enfant, c'est un fait, et en augmentant les frais de scolarité, ces mêmes personnes décideront peut-être de laisser tomber leurs idées et leurs rêves d'accéder aux études supérieurs. Moi, je n'ai pas ce problème. J'ai la chance de bien vivre et de vivre dans un environnement relativement aisé, mais ce n'est pas une raison pour avoir un avantage sur les autres vis-à-vis l'éducation. Certaines personnes dans le même cas que moi profitent de cet avantage, et je trouve ça déloyal et imbécile. Le niveau social ne doit pas être un handicap à l'éducation.
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Figure 1.4: Vue du Vieux Port de Montréal, par David Giral
Si on en vient à l'UQAM maintenant, la mauvaise gestion de l'administration a amené l'université dans un gouffre financier, et la manière utilisée pour redresser la situation est de passer la facture sur le dos des professeurs et des étudiants. Est-ce une solution? Je ne crois pas. On facture des gens innocents avec des sommes relativement élevées. Alors on passe la facture à l'administration? Je doute aussi. Alors qui paye pour la gaffe? Étant un bien nécessaire à la société en générale, je passerais la facture à tous les contribuables du Québec. Vous me direz qu'ils ne sont pas plus responsables des gaffes de l'administration. En effet, mais ces étudiants vont construire le Québec de demain, et ce sera à l'avantage de tout le monde. Si le gouvernement au pouvoir fait des erreurs, ce sont les contribuables qui payent le prix. Pour l'éducation, je crois que ça devrait être la même chose. Il faudrait faire aussi du ménage dans l'administration qui s'amuse à dépenser plus d'argent qu'ils en ont à leur disposition.
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Figure 1.5: Un beau lac en Mauricie, par David Giral
Pour conclure, je vais dire mon avis sur les citations que j'entends régulièrement. « Je ne veux pas rallonger ma session de 3 jours » Toute défense de cause mérite des sacrifices, et ça fait partie de l'un des sacrifices à faire. Croyez-moi, il n'y a personne qui se plait à l'idée de terminer 3 jours après la date normale de fin, donc ne vous arrêtez pas sur ce point. Les étudiants du cégep sont majeurs en grande majorité. Les décisions que nous prennont ont un impacts sur le Québec de demain, sur notre futur. C'est le meilleur moment de s'informer et de prendre position. En ne vous informant pas, vous échouez à votre responsabilité de citoyen. L'information pour cette grève est accessible, donc prenez les mesures pour l'obtenir. « La grève c'est que du pognage de beigne, bande de hippies! » Il y a des activités prévues pour les 3 jours de grève. Que ce soit par des conférences, la manifestation ou bien des activités. Le but, c'est d'occuper le cégep et de détourner les regards pour être occupés. Le gouvernement veut que ce dégel passe comme si de rien était et pense qu'on va rester assis sur nos lauriers. C'est votre chance d'agir! « Ça fait longtemps qu'ils sont gelés les frais de scolarité, il faut les augmenter! » Ce n'est pas comme faire cuire un petit pâté au four : il n'y a pas de date régulière où augmenter les frais. Le gouvernement décide de chercher l'argent dans l'éducation au lieu d'optimiser ses pratiques et de ne pas gaspiller l'argent. « J'en ai rien à foutre des frais de scolarité, ce sont mes parents qui payent! » Bah ça, c'est dur à dire. La majorité des gens dans cette position ne sait pas qu'il existe un monde autour de leur nombril, donc je les laisse sur la qui vive.
N'oubliez-pas d'aller voter! Vous avez jusqu'au 9. Si vous n'êtes incertain, pensez-y encore : votre décision ne vaut pas que des peanuts. Si vous restez indécis, allez tout de même faire un vote blanc pour compter parmi les indécis. Certaines personnes ont besoin d'aide et ne peuvent pas se défendre seules. Aidez la relève pour un Québec plus fort et pour mieux construire le Québec de demain!
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